démarche

(english version follows)


Mu-e par le désir de renouer avec mon héritage familial lié aux traumas, à la pauvreté, aux troubles de santé mentale et de consommation, j'utilise la surcharge esthétique et l’accumulation compulsive afin de mettre en évidence l’impasse du déterminisme héréditaire et de renouer avec un legs épigénétique menaçant et honteux dans une perspective d'empowerment et de guérison trans-générationnelle. J’explore les oppositions entre tempérance et excès, corps sain et corps malade, asservissement et émancipation, calme et hystérie, discipline et désordre afin de flouer et de subvertir les contraintes sociales qui définissent les éthiques et les modes d'existence «corrects» et «acceptables». Par la copie, la calligraphie et la répétition de motifs je tente de créer un espace pictural de résistance et de vulnérabilité face aux manières et à la discipline bourgeoises. Par la pratique de l'accumulation, de l'exophonie (employer une autre langue que sa langue maternelle), et de la calligraphie j'opacifie le contenu textuel qui fait partie intégrante de mes objets. Ces tactiques me permettent une plus grande fidélité au flux chaotique de mes réflexions et contribuent à créer un safe space intime où j'explore des postures ironiques, contradictoires, déraisonnables, dangereuses.

Mon travail actuel se déploie sous la forme d'objets picturaux entre la peinture et le dessin. Par cela, je poursuis une tradition des femmes de ma famille qui, depuis plusieurs générations, se servent intuitivement de ces médiums de manière thérapeutique. Aussi, à titre informatif, je me sers presque exclusivement de matériaux trouvés et donnés dans une volonté de récupération et d’adhérence aux principes du DIY.

Finalement, ce nouveau tournant dans ma pratique se trouve en continuité avec un corpus antérieur de recherches sur la fête comme espace de résistance et l'état de chaos festif ou d'ivresse comme moteurs de réorganisation des rapports sociaux se déployant sous la forme de micro-interventions infiltrantes, in situ, contagieuses, parasitaires et performatives. Ancré-e dans une volonté de réfléchir les canaux de diffusion et de médiatisation d’objets artistiques, je cherche à réfléchir des moyens de diffusions alternatifs et spécifiques pour chacun de mes projets.



English translation:

Driven by the desire to reconnect with my family legacy of trauma, poverty, mental health, addictions and substance abuse, I use aesthetic overload and compulsive accumulation to highlight the impasse of hereditary determinism and reconnect with a threatening and shameful epigenetic legacy in a perspective of empowerment and trans-generational healing. I explore the oppositions between temperance and excess, healthy body and sick body, enslavement and emancipation, calm and hysteria, discipline and disorder in order to blur and subvert the social constraints that define "correct" and "acceptable" ethics and modes of existence. Through copying, calligraphy and repetition of motifs I attempt to create a pictorial space of resistance and vulnerability to bourgeois manners and discipline. Through the practice of accumulation, exophony (using a language other than one's mother tongue), and calligraphy I opacify the textual content that is an integral part of my objects. These tactics allow me to be more faithful to the chaotic flow of my reflections and contribute to create an intimate safe space where I explore ironic, contradictory, unreasonable and dangerous postures.

My current work unfolds as pictorial objects in between painting and drawing. In doing so, I continue a tradition of the women in my family who, for several generations, have used these mediums intuitively and therapeutically. Also, for information purposes, I use almost exclusively found and donated materials in a desire to reuse materials and adhere to the principles of DIY.

Finally, this new turning point in my practice is in continuity with an earlier body of research on the festive as a space of resistance and the state of festive chaos or drunkenness as engines for the reorganization of social relations, unfolding in the form of infiltrating, in situ, contagious, parasitic and performative micro-interventions. Rooted in a will to reflect on the channels of diffusion and mediatization of artistic objects, I seek  alternative and specific means of diffusion for each of my projects.




cv

gagneariane@hotmail.com



projets individuels

2020
mues2(to shed), dans le cadre de l'évenement Pour toujours, mardi, de Folie/Culture, ville de Québec. 20/10-03/11

mues1(to shed), Post-place-publique, Montréal (à venir 2020)

2018
Plateforme ouverte, Café des arts, UQAM. 11/18 2017

se rendre élastique au voisinage par notes (in)offensives, projet d'infiltration sur divers blacons montréalais, printemps 2017



performances

2020
Give Me a Fucking Break, collaboration avec Guillaume B.B. Et Alegria Gobeil dans le cadre de l'exposition Give Me a Fucking Break de Guillaume B.B., L'Écart, Rouyn- Noranda. 04-05/09/2020

2019
lullaby for all the hangovers (past and to come), dans le cadre du festival Tanthem, appartement privé, Montréal. 25/10/19

berceuse pour tous les hangovers passés et futurs, dans le cadre de l'évènement VEDMA lors du festival SOIR, Brasserie Beaubien, Montréal. 08/08/19

succession d’explosions apres lesquelles rien de particulier n’arrive, collaboration avec Sophy Merizzi Marcil, dans le cadre de la Rencontre interuniversitaire de performance actuelle, Fonderie Darling, Montréal. Commissaires : Anne-Célia Waddell, Joséphine Rivard et Allison Kalb. 30/05/19

Là / dans la convergence / des erreurs commises pour l'avenir, collaboration avec Camille Blais, Alegria Lemay-Gobeil, Michaëlle Morasse, Guillaume B.B., Sascha Cowan, Alex Pouliot, Melwan Bonillo, Frédérique Chassé, dans le cadre du festival d'arts vivants OFFTA, Fonderie Darling, Montréal. 27/05/19, 28/05/19

tractage mondain en mémoire de la pda, Collaboration avec Alegria Lemay-Gobeil, dans le cadre de l'exposition Paramètres XVIII, Salle d'exposition de l'espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des arts, Montréal. 11/01/19

2017
REACH 4, avec l'aide d'Alegria Lemay-Gobeil dans le cadre de la présentation de la programmation de la galerie Gham et Dafe, bar l'Espace public, Montréal. 08/08/19

lieux alternatifs, dans le cadre de Relief III, The Sacred Square (lieu alternatif secret), Montréal. 09/06/17

HELL ON EARTH // FUN IS HELL // COME PLAY WITH US, collaboration avec Jules Leloup Mayrand et Alegria Lemay Gobeil, dans le cadre de l'exposition E.U.L.A. Performer le dispositif , Galerie L’Agora, Montréal, Commissaire : Geneviève Cadieux-Langlois. 02/17-03/17

reach and play, dans le cadre de Parcomètres 02, Galerie Gham et Dafe, Montréal, Commissaires : Michaëlle Morasse et Jules Leloup-Mayrand. 01/02/17

En équipe de deux en collaboration avec Michaëlle Morasse, dans le cadre de Relief II, Espace des mêmes, Montréal. 27/01/17

Participation aux auto-workshops de performance (Projet de Laurence Beaudoin Morin), terrain vague, Montréal. été 2017

2016
En équipe de deux en collaboration avec Michaëlle Morasse, dans le cadre de Relief d’une trajectoire,Durocher (espace alternatif secret), Montréal. 12/05/16



expositions collectives et collaborations

2020
Give Me a Fucking Break, interventions dans le cadre de l'exposition Give Me a Fucking Break de Guillaume B.B., L'Écart, Rouyn-Noranda. 03/09/2020-01/11/20

2019
...de la réconciliation avec nos abîmes Avec l'aide du collectif éphémère La somme des distances dans le cadre de l'exposition La somme des distances : Là ou le danger réside, 2701 Ontario, Montréal. 13/04/19

tractage mondain en hommage à la pda, dans le cadre de l'exposition Parametres XVIII, Salle d'exposition de l'espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des
arts, Montréal. 01/19

2018
Maquis sensoriel et réconciliation avec nos abîmes, en dialogue avec Guillaume B.B., Andy Maple et Philippe Bourdeau, dans le cadre de l'exposition En chantier, UQAM, Montréal. 12/12/18

Vanish while we cannot leave no trace, dans le cadre de l'exposition Everyone knows our cities were built to be destroyed, Galerie Andreas schmitd, Berlin. Commissaires : Francoise Tahon et Craig Heavens. 04/04/18

Maman tosaïne, dans le cadre de l'exposition One shot, Atelier des Goujons, Anderlecht (Bruxelles). 28/02/18

Triple exces, dans le cadre de l'exposition Les congés de la poésie, Galerie Putsch (École de recherche graphique), Bruxelles. Exposition à l'issue d'un workshop de Alessandro de Francesco. 01/18

2017
HELL ON EARTH // FUN IS HELL // COME PLAY WITH US, collaboration avec Jules Leloup Mayrand et Alegria Lemay Gobeil, dans le cadre de l'exposition E.U.L.A. Performer le dispositif , Galerie L’Agora, Montréal. Commissaire : Geneviève Cadieux- Langlois. 02/17-03/17

reach and play, dans le cadre de Parcometres 02, Galerie Gham et Dafe, Montréal. Commissaires : Michaëlle Morasse et Jules Leloup-Mayrand. 02/17



textes et livres d'artistes

2020
Gagné, Ariane, Merizzi, Sophy, «La performance peut-elle être sournoise?» dans RIPA Rencontre interuniversitaire de performance actuelle 8e édition/8th edition 2019, Montréal, 2020, pp.63-64

2019
Gagné, Ariane, «Qu'est ce que la somme des distances» dans La somme des distances, Montréal, École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, 2019, pp. 21-22.

Gagné, Ariane, «or, does my personal apple wants to be eternal?» maquis deux-milles- dix-neuf, Festival le maquis, 2019, pp. 6-9.

2018
Gagné, Ariane, «Vanish while we cannot leave no trace» dans Everybody know our cities were built to be destroyed, Bruxelles, École de recherche graphique, 2018.



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photo par Sabrina Jolicoeur
photo par Sabrina Jolicoeur